Considérations sur l'ordre et le désordre

Publié le par troude stanislas

Si l'ordre se nourrit du désordre, le désordre appelle l'ordre. Une anarchie instituée est contradictoire par définition; en revanche, un état d'absolue sécurité ne peut survivre qu'à la faveur de la tentation permanente d'une insurrection. Supprimez la menace de celle-ci, et l'harmonie se transforme en un gouffre d'ennui, et la société sombre dans le marasme. Une société sans violence est vidée de son sens, de son sang. C'est à la périphérie de la violence, dans l'imminence de la transgression de l'Ordre établi, que les sociétés s'élèvent jusqu'au Sacré. Voilà le grand secret qui jadis cimenta la Grande Fraternité humaine! 

Nous nous trouvons alors face à ce dilemne: soit les rapports humains  chutent dans le désordre, et les liens se dissolvent ; soit, au contraire, la civilisation parvient à pacifier les relations inter-humaines, alors elle perd le sens du Sacré. Il faut donc que le désordre soit à la fois désiré et conjuré- ou, pour le dire simplement, à la fois aimé et craint.

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Publié dans guepard

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